Publié en 2025 aux Éditions Emmanuel Jeunesse, Le curé d’Ars. Une hagiographie bien documentée sur le saint patron des curés.
Recension par Sylvie Bessette
L’auteure Claire Astolfi est membre de la Communauté du Chemin Neuf. Historienne, documentariste, auteure jeunesse, elle signe ici un ouvrage destiné aux jeunes. Sa langue claire et le ton actuel de ses lignes témoignent de son désir de rendre accessible et captivant un sujet exigeant.
Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars, incarne un courant rigoriste de l’Église catholique française. Né en 1786, il vit en direct la Révolution française et son anticléricalisme profond. Il voit les persécutions dont sont victimes les prêtres qui ont refusé de prêter serment à la Révolution. Son appel à devenir prêtre naît dans l’adversité. Il ne se démentira jamais jusqu’à sa mort en 1859.
Malgré des difficultés prononcées à l’école, il devient séminariste, puis prêtre. Nommé dans une petite paroisse de trois cents âmes, à Ars, il n’en partira jamais, malgré des tentatives répétées. Il réformera ce village plutôt incroyant, abolissant les bistros et les bals du dimanche. Sa sévérité et son exigence ne sont pas bien accueillies par tous, mais il persistera. Son renom ira toujours en grandissant, faisant de lui une figure de sainteté respectée par les foules de pèlerins qui se présentent bientôt à lui pour se confesser, au dam de ses confrères prêtres qui ne goûtent pas sa popularité. Ce zèle du curé d’Ars sera toutefois tempéré par sa compassion et sa miséricorde. Des faits considérés miraculeux par les contemporains se produisent autour de Jean-Marie Vianney. Le curé d’Ars a toujours abhorré la célébrité et il a souffert des multitudes qui lui demandaient réconfort et conseil. Nommé chanoine par son évêque, il vend ensuite le camail (mantelet d’apparat) attaché à cette dignité pour aider les pauvres. Récipiendaire de la Légion d’honneur des mains de Napoléon III, il refuse cet honneur symbolique, par modestie.
Béatifié en 1905, puis canonisé en 1925, le curé d’Ars représente la bonté dans l’exigence de la foi. Il a contribué à la vie du village en fondant une école pour les filles, puis un orphelinat, puis une école pour les garçons. Très frugal pour sa personne, il a toutefois soigné son église, la parant de beaux ornements.
Voilà donc un livre sincère, non dépourvu de remarques sur les excès de mortification et de privation que le saint curé d’Ars s’infligeait. Les mœurs ont changé, mais la sainteté de Jean-Marie Vianney demeure.
En savoir plus sur le livre : Le Curé d’Ars par Claire Astolfi
Voir également la Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres