MINISTÈRES
D’abord, qu’est-ce qu’un ministère ? C’est un charisme, un don de l’Esprit, qui permet à la personne baptisée de contribuer à sa façon à l’édification de l’Église. Si ce charisme est institué par l’Église et reconnu publiquement, on parle alors d’un ministère qui s’inscrit dans la stabilité.
Plusieurs ministères existent dans l’Église pour remplir différentes fonctions au service du Peuple de Dieu. Les plus connus sont les ministères des évêques, des prêtres et des diacres.
On parle aussi des ministères laïcs institués du lectorat et de l’acolytat. Ces ministères, auparavant destinés seulement aux futurs diacres et prêtres, sont depuis 2021 ouverts aux femmes et aux hommes également par le pape François dans son document Spiritus Domini.
Le pape François a instauré, également en 2021, le ministère de catéchiste. Le document papal Antiquum Ministerium en définit les termes.
Enfin, au Québec, il existe en plus le ministère d'agent.e de pastorale laïque mandaté.e ce qu’on ne retrouve pas ailleurs dans le monde.
« Les laïcs qui ont l'âge et les qualités requises établies par décret de la conférence des évêques, peuvent être admis d'une manière stable par le rite liturgique prescrit aux ministères du lectorat et de l’acolytat. » Extrait du Motu Proprio Spiritus Domini.
C’est par ces mots que le pape François a renversé une tendance séculaire à réserver le ministère du lectorat et de l’acolytat aux futurs prêtres et futurs diacres seulement.
Tant les hommes que les femmes peuvent être appelés à devenir lecteur, c’est-à-dire lire les textes des Écritures autres que l’Évangile, ainsi que les prières universelles, lors de célébrations liturgiques. Le lecteur est le, la porte-parole du Seigneur, qui annonce les Écritures à l’Église rassemblée.
Les hommes et les femmes peuvent également devenir acolytes, pour servir à l’autel et pour aider le prêtre et le diacre. C’est l’acolyte qui prépare l’autel et les vases sacrés, et distribue aux fidèles l’Eucharistie dont il ou elle est le ministre extraordinaire, si cela est nécessaire.
Lire le document du pape François sur l'ouverture du lectorat et de l'acolytat.
Pour un regard plus technique sur la fonction du lecteur, consultez Proclamer la Parole : se préparer à être lecteur. Ce site explique à la fois la préparation nécessaire ainsi que tous les éléments à prendre en ligne de compte : le regard, la voix, la respiration, le ton, la vitesse.
Voyez comment cela se vit dans le diocèse de Tournay, dans l’article être acolyte, une autre façon de découvrir la liturgie.
Le diocèse de Montréal met au service des intéressés les Bulletins de l’Acolyte une collection de textes inspirants pour exercer la fonction de l’acolytat.
Cet article de la revue Aleteia nous l’explique.
Par son document Antiquum ministerium (Un ministère ancien), le pape François a institué en Église le ministère de catéchiste, car ce service représente la base de l’évangélisation. En effet, en faisant connaître les grands éléments de la religion chrétienne, les catéchistes amènent de nouveaux fidèles au Christ. Il les aide également à vivre leur foi dans tous les aspects de leur vie, et à bien l’intégrer.
Les catéchistes, hommes et femmes, sont appelés par l’Esprit saint à travailler à l’édification de l’Église. Ils oeuvrent auprès des jeunes enfants, des adolescents et des adultes. Ils les accompagnent dans la préparation à recevoir un sacrement, en plus d’animer des groupes de discussion et de faire connaître les modèles dans la foi que sont les saints.
L’institution de ce nouveau ministère institué établit un lien avec les catéchistes des premiers temps de l’Église. Il souligne l’action universelle de l’Esprit sur les disciples du Christ qui répondent depuis les débuts de l’Église à son appel en s’engageant à répandre la Bonne Nouvelle. Le pape nous rappelle que les catéchistes « exercent une mission irremplaçable dans la transmission et l’approfondissement de la foi. » (AS no 3)
Le pape François, dans Antiquum magisterium, a employé le mot « catéchiste » pour désigner les personnes baptisées laïques chargées de transmettre les grandes notions de notre foi et d’accompagner les chrétiens dans leur vie de croyant.
Dans la plupart des régions du monde, le mot catéchiste a la cote. Au Québec, on emploie plutôt le mot « catéchète ». Il y a ici une nuance importante. D’où vient-elle ?
Le mot catéchiste fait penser à l’enseignement du catéchisme, c’est-à-dire la base du catholicisme, sa doctrine et ses règles. La catéchèse, elle, amène les fidèles à intégrer ces grandes notions catéchétiques dans leur vie de foi et à s’en nourrir. Si le catéchisme enseigne la théorie, la catéchèse la met en pratique.
C’est pourquoi le terme catéchète est employé au Québec. Il est perçu comme plus général et davantage apte à représenter la pratique globale des catéchètes.
Oui. L’Office de la catéchèse du Québec (OCQ) offre de nombreuses ressources aux catéchètes et à tous ceux qui sont en recherche d’outils d’évangélisation.
L’Office de catéchèse du Québec offre même un jeu vidéo biblique gratuit, « En quête de Jésus », dont nous avons fait la critique.
On peut également s’adresser au service d’Éducation à la foi de son diocèse pour différents guides et repères.
Toute personne baptisée peut devenir catéchète si elle fait montre d’une foi profonde et qu’« elle se sent appelée à collaborer au service de la catéchèse » (AS no 5). Elle devra suivre une formation qu’elle trouvera dans les grands diocèses ou à l’Office de la catéchèse du Québec.
Le pape François nous dit dans Antiquum ministerium que le catéchiste « est en même temps témoin de la foi, maître et mystagogue, accompagnateur et pédagogue ». (AS no 6) Voilà pourquoi une formation solide est nécessaire.
« On désignera par le terme agent de pastorale ceux et celles qui, par mission spécifique de l'évêque, collaborent à l'exercice de la charge pastorale par des tâches de direction, d'animation ou de coordination » selon l'Assemblée des évêques catholiques du Québec dans le document de référence Le ministère d'agente et d'agent de pastorale laïque.
La vocation de l’agent ou agente de pastorale, contrairement à celle du lectorat, de l’acolytat et du catéchiste, n’est pas encadrée par un ministère institué. Reconnu comme ministère au Québec, la plupart des diocèses emploient des agents et agentes principalement dévoués à la vie pastorale de leur paroisse. Cependant, on peut aussi retrouver des agentes et agents dans le milieu hospitalier, carcéral, auprès des jeunes, dans les forces armées, en pastorale sociale,entre autres. L’agente ou agent reçoit un mandat pastoral de l’évêque du lieu pour exercer sa mission dans le milieu dans lequel on l’emploie. Il peut aussi exercer son ministère de manière bénévole.
En collaboration avec le curé de la paroisse ou l’évêque, les agentes et agents de pastorale agissent à titre de formateur et d’accompagnateur dans la vie de foi de leur milieu. Ils aident à faire connaître la Parole de Dieu, à mieux connaître Jésus et proposer un cheminement croyant aux gens qu’ils côtoient. Ils accompagnent ceux et celles qui demandent les sacrements, coordonnent des activités et, de manière générale, agissent en tant que personne-ressource auprès de leur communauté chrétienne en demeurant à son écoute.
On requiert généralement des études en théologie, en pastorale ou en sciences religieuses. La personne doit être baptisée, vivre une vie conforme aux enseignements de l’Église et avoir le désir de témoigner de sa foi.
L’évêque diocésain émet un mandat pastoral aux laïcs qu’il juge conforme aux exigences du poste.
Au cours des années, l’Église a réfléchi plus avant sur le rôle respectif des agents de pastorale laïque mandatés versus celui des prêtres, évêques et diacres, tous ordonnés.
Une confusion s’est établie, divers milieux considérant les agents et agentes comme des substituts, dans l’attente d’un nombre de prêtres plus élevé qui pourraient reprendre la mission. Il existe pourtant une grande différence entre les deux états. Cette vision hiérarchique ne correspond pas à l’Église telle que définie par Vatican II, selon laquelle l’Église tout entière est ministérielle, les laïques devant prendre leur place pour répandre la Bonne Nouvelle.
Pour en savoir plus, consultez le texte de Rick van Lier sur Les nouveaux ministères : état de la question (1986-2017). Vous y trouverez une réflexion lucide sur l’évolution de la conception du ministère d’agente et d’agent de pastorale.
Le poste d’agente et agent de pastorale en paroisse a connu un essor dans les années 1980 pour ensuite connaître une diminution, par attrition ou manque de fonds dans les paroisses pour payer un salaire.
Selon des données colligées par l’Assemblée des responsables de la formation et de l’accompagnement – Agent(e)s de pastorale laïques (ARFA-APL) pour les 19 diocèses catholiques romains du Québec, le nombre d’APL a connu une baisse de 20 % au cours de la dernière année dans la province, pour se situer à 403. Les 57 agents de pastorale de Québec constituent un sommet parmi les diocèses québécois, devant Montréal (55), Saint-Jean-Longueuil (54) et Saint-Hyacinthe (47). Ensemble, ces quatre diocèses comptent près de 53 % de tous les APL des 19 diocèses du Québec.
Cet article de Présence Info de 2021 fait le point sur la situation.
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