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TÉMOIGNAGE

Frère Martin

Se sentir libre en présence du Christ

De nos jours, la plupart des jeunes, sinon tous, ont des blessures intérieures pour diverses raisons. Ils ont alors besoin d’un point de repère pour trouver un sens à leur vie. Malheureusement, ils trouvent ce repère aux mauvais endroits, comme source de compensation. Ils se dispersent et se perdent alors dans un monde virtuel, la consommation, la sexualité et dans tant d’autres moyens de consolation. Ils se créent alors une façade extérieure qui les coupe de la relation avec Dieu, d’avec les autres et surtout d’avec eux-mêmes. Ils perdent alors leur vraie identité. 

Immigrant depuis 1994, je fais partie de cette génération. J’avais aussi des blessures et des dépendances tout comme eux. Pourtant, ma vie était profondément ancrée dans un univers catholique. J’allais à la messe à tous les dimanches. J’étais pharmacien avec un salaire enviable. J’étais libre extérieurement de tous soucis, entouré par ma famille et mes amis. Pourtant, je ne ressentais en moi qu’un vide intérieur, comme un puits sans fond, car intérieurement, je ne me sentais pas libre.

J’avais l’intuition d’avoir érigé une façade pour masquer mes insécurités, car ma mauvaise estime de soi était inconsciemment basée sur le regard des autres. Je réalisais que mes vingt ans de vie chrétienne ne m’avaient pas permis d’entrer en relation avec Dieu. En effet, même si je n’avais jamais douté de ma foi, j’avais l’impression d’avoir une foi qui m’est imposée par mon entourage, avec sa tradition, au lieu d’adhérer librement à une religion. Ainsi, l’expérience chrétienne vécue sur le plan collectif était très forte en moi, mais malheureusement la vie spirituelle, l’expérience personnelle avec le Christ était quasi absente.

La vie monastique, une synthèse parfaite du beau, du bien et du vrai

Par hasard, en 2011, j’ai pu entrer en contact avec l’Abbaye de Rougemont. La charité fraternelle a guéri mes blessures intérieures, permettant à Dieu d’entrer dans mon cœur. J’ai pu alors expérimenter réellement la miséricorde de Dieu en découvrant ce regard de Jésus sur Zachée qui ne condamne pas et qui l’accueille gratuitement dans ce qu’il est. 

Le contact par hasard et graduel avec le monastère m’a alors introduit à une vie spirituelle. Je pense que la vie monastique présente une synthèse parfaite du beau, du bien et du vrai, me permettant de développer le maximum de mon potentiel, en tant que chrétien et surtout en tant qu’humain. Elle m’ouvre aussi à un réel chemin de liberté, d’humanisation, en brisant cette coquille protectrice que je me suis créée avec le temps, permettant à mon cœur de m’ouvrir à Dieu, aux autres et surtout à moi-même.

J’ai pu alors découvrir et accueillir ce que je suis en vérité, mon identité, créé et aimé par Dieu. Alors, j’ai vu grandir en moi le désir de la vie monastique. Alors, je n’ai pas cherché plus loin, car seul l’amour de Dieu me suffisait. J’avais pris conscience du projet de Dieu sur moi jusqu’à oser tout quitter. J’avais bien sûr des peurs, mais je pense que l’amour de Dieu chasse la crainte, suscitant en moi ce grand désir de me donner totalement, pour une communauté, et surtout pour Quelqu’un.

Ma sainteté, ce n’est pas la perfection, mais plutôt l’accueil de ma vulnérabilité

Finalement, j’ai dit OUI au Seigneur. J’ai quitté ma famille, mes amis, mon statut social, mes fausses sécurités et ma fausse liberté pour ce chemin inconnu qu’est la vie monastique. 

Aujourd’hui, après ma profession solennelle, je me sens heureux d’être ici et je n’ai aucun doute concernant ma vocation, malgré tous ses défis et ses difficultés. En fait, il ne faut pas croire qu’après une conversion ou après un engagement définitif, mes blessures vont finir par disparaître une fois pour toutes. Oui, j’ai de la difficulté avec la chasteté, oui j’ai parfois de la difficulté avec l’obéissance et je continuerai d’en avoir même après mes vœux, mais l’importance, pour moi, c’est d’accueillir mon humanité avec tout ce qu’il y a de beau et de moins beau, sans chercher à fuir mes zones d’ombre. Ce n’est pas pour rien que nous, moines, nous faisons aussi le vœu de stabilité et d’obéissance, en plus du vœu de conversion de nos mœurs (ce qui inclut les vœux de pauvreté et de chasteté). La sainteté, pour moi, ce n’est pas la perfection, mais plutôt l’accueil pleinier de ma vulnérabilité avec ses imperfections dans l’être que je suis réellement, conçu à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et c’est ce qui est le plus difficile. 

Enfin, je peux dire que mon engagement et ma foi, devenue plus vivante, m’amènent à mieux apprécier la vie, à être vrai avec Dieu, avec les autres et avec moi-même, me poussant à vivre la charité, selon l’Évangile. Et j’ai la chance de réaliser ce projet avec une communauté aussi merveilleuse que la mienne.


Frère Martin, o.cist.

Cisterciens de l'Abbaye de Rougemont  

En Italie, vers l’an 540, au sud de Rome, saint Benoît, rédige une Règle de vie où il les exhorte à « écouter Dieu avec l’oreille de leur cœur » et à « ne rien préférer à l’amour du Christ ». La vie monastique cistercienne est une des multiples manières de mettre l’Évangile en pratique par la prière et travail, méditation et ascèse, séparation du monde et hospitalité, solitude et communion fraternelle.


Pour en apprendre plus : www.abbayederougemont.org

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