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TÉMOIGNAGE
En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Et voici que la parole du Seigneur lui fut adressée. Il lui dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J'éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. »
(1 Rois 19, 9.11-14)
À l’approche de mes quatorze ans, je suis dans mon salon, seul à la maison, par une belle journée ensoleillée. Je lis des lettres de saint Paul, et je décide d’écrire une lettre à mon cousin qui va faire sa confirmation. J’ai alors l’impression que ce n’est pas moi qui écris, que c’est le Saint-Esprit qui écrit à travers moi. C’est l’expérience de réaliser que j'étais en train de prier, et que je ne le savais pas.
Mon histoire vocationnelle a commencé ainsi, par une « brise légère », un moment tout simple d’intimité avec le Saint-Esprit, un appel à la prière et à la transcendance. Ce souffle eut de profondes conséquences : me demandant « Comment revivre un aussi beau moment ? », en quelques jours la réponse me vint en une autre question : « Pourquoi ne pas devenir prêtre ?» Depuis, ce désir ne m’a jamais quitté.
Ma deuxième grande brise légère eut lieu à l’abbaye Val-Notre-Dame, à l’hiver 2016. Avec la pastorale étudiante, pendant mes études en mathématiques, nous étions allés y vivre une retraite silencieuse d’une fin de semaine, et sur le chemin du retour, nous avions visité les Recluses Missionnaires. Ce fut une expérience si douce que je ne peux en identifier aucun moment de déclic, si ce n’est le bonheur jaillissant des frères et sœurs rencontrés. Et pourtant, au retour, mon choix était fait : je voulais vivre en communauté.
À ce moment, je n’envisageais pas la vie cloîtrée, contemplative. En effet, je considérais ne pas suffisamment savoir prier pour être moine. Avant de recevoir l’appel à la vie monastique, le Seigneur me fit franchir trois étapes. D’abord, compléter ce que je désirais vivre : études en mathématiques, animation scoute, voyages, vie paroissiale chez les Dominicains. Ensuite, apprendre à prier et à vivre en communauté, principalement à travers le noviciat jésuite. Puis, oser quitter la sécurité trouvée chez les Jésuites ; ce fut là le plus difficile, puisque je résistai inutilement en refusant de partir sans savoir où Dieu me menait ensuite.

Finalement, dans les derniers jours des Exercices Spirituels de saint Ignace, vint la troisième brise légère. Alors que je me préparais à revenir « dans le monde » et à laisser aller la vie jésuite, je lisais quelques vies de saints, et une de ces histoires parlait d’un moine. J’eus alors la forte intuition que « maintenant, je suis prêt, je pourrais être moine ». Idée si éloignée de tout ce que j’anticipais, qu’il me fallut près de deux ans pour confirmer que là était bien mon appel.
Dès l’expérience initiale à quatorze ans, l’appel au célibat consacré était présent. Toutefois, il y avait une grande pression sociale à surmonter, et je doutais d’être capable de rester fidèle au célibat. Du côté social et familial, le défi commença à l’été 2017, quand je réalisais que je ne savais pas répondre à la question « Que feras-tu si tu tombes amoureux ? », et cela dura jusqu’à l’automne 2024, lorsque je pus expliquer ma confiance que je ne serai jamais en couple, puisque ce n’est pas mon désir profond.
Ce fut une quatrième grande brise légère qui me donna cette confiance. En mai 2023, alors que je lavais la vaisselle, dans la tranquillité du silence, je réalisai que je m’acceptais pleinement tel que je suis, tout simplement. Il me fallut longtemps pour réaliser que cela signifiait en particulier que j’accueillais totalement mon célibat.
Pour conclure, on peut se demander : pourquoi le monastère de Rougemont ? Comment y ai-je gouté l’amour universel ? Comment ai-je su qu’ici, je pourrai aimer et être aimé ? Dans cette vie monastique, de prière, de vie communautaire et de célibat consacré, ce furent l’accueil et l’hospitalité qui ajoutèrent la touche déterminante. Dès les débuts de 2022, la communauté m’accueillait fréquemment, et surtout, elle me permit de contribuer à l’accueil des visiteurs. De là, l’intégration se fit tout naturellement, dans la paix et la joie.
Frère Samuel, o.cist.
En Italie, vers l’an 540, au sud de Rome, saint Benoît, rédige une Règle de vie où il les exhorte à « écouter Dieu avec l’oreille de leur cœur » et à « ne rien préférer à l’amour du Christ ». La vie monastique cistercienne est une des multiples manières de mettre l’Évangile en pratique par la prière et travail, méditation et ascèse, séparation du monde et hospitalité, solitude et communion fraternelle.
Pour en apprendre plus : www.abbayederougemont.org
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