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TÉMOIGNAGE
En 1992, lorsque nous sommes partis pour le Brésil, nous étions un jeune couple de la fin de la vingtaine, début de la trentaine. Pourquoi sommes-nous partis, direz-vous ? En nous fréquentant, nous nous sommes aperçus que nous avions beaucoup de choses en commun. Entre autres, nous ressentions tous les deux cet appel missionnaire à vivre cette solidarité internationale sur place, et non plus seulement à distance, au nom de notre foi en Jésus-Christ. Impliqués déjà dans l’Église du Québec, nous voulions faire le pont avec la très vivante Église d’Amérique latine, ce qui s’est concrétisé par un projet missionnaire dans l’Église de Coarí en Amazonie brésilienne.
Une infirmière et un chimiste en environnement, tous les deux avec une formation en théologie ; avec les quatre autres membres d’une équipe composée de prêtres et de laïcs, nous n’avions que quelques contours vagues d’un projet missionnaire et qu’il faudrait définir avec les gens sur place. Nous étions jeunes et fougueux. À cette époque, nous ne pouvions pas mesurer tout l’impact (heureux) qu’aurait cet engagement dans nos vies personnelles et de couple.
Arrivés en Amazonie à Manacapuru, nous avons été accueillis chaleureusement au pays des Caboclos, les riverains métis aux fortes racines autochtones formant de petites communautés un peu partout le long des cours d’eau et lacs.
À Anorí, nous avons travaillé principalement comme agents de pastorale dans une paroisse rurale. Cependant, la vie de foi n’est pas séparée du reste de la vie comme c’est trop souvent le cas ici. Liturgies participatives et prévention en santé maternelle et infantile, formations bibliques et organisation des communautés pour la préservation de leurs lacs contre la pêche prédatrice, s’intégraient très bien. L’essentiel du travail consistait principalement à accompagner la quarantaine de communautés de la paroisse éparpillées sur les berges de l’Amazone et de ses affluents, en donnant de la formation aux personnes impliquées et en visitant, deux à trois fois par année, les communautés. Nous avons beaucoup aimé rencontrer ces «prophètes et prophétesses» qui animaient chacune des communautés.
Valoriser, former et appuyer les gens, enracinés dans notre foi commune et accueillir leur témoignage de foi « à transporter les montagnes » ont été les lignes directrices de notre implication missionnaire.
L’engagement au Brésil a été une étape déterminante dans notre vie personnelle et de couple. Sans ces trois années dans notre parcours de vie, nous ne serions pas les mêmes personnes. Ce peuple nous a évangélisés par son courage, sa foi, sa vie en communauté, prise en charge par des laïcs en majorité, et son espérance à toute épreuve. La lecture de la Bible édition pastorale, avec ses commentaires basés sur la justice sociale, continue encore de nous alimenter. Bien sûr, l’option préférentielle pour les pauvres vécue par l’Église du Brésil et traduite en gestes concrets reste pour nous toujours inspirante. Nous y avons aussi appris notamment que prier, c’est garder vivante la conscience de la mission. Nous avons eu la chance de cheminer avec une Église, des communautés chrétiennes, qui ont conscience de participer activement au projet de Dieu à travers l’histoire en construisant un monde plus juste, plus fraternel et plus humain.
Nous serons perpétuellement reconnaissants envers le peuple brésilien et la SMÉ pour tout ce qu’ils nous ont permis de vivre comme cheminement spirituel et humain.

De retour du Brésil, en plus de nos emplois d’agents de pastorale, nous avons toujours tenu à avoir des insertions pour poursuivre notre implication missionnaire , notamment en défense de droits pour les femmes, dans le parti Québec solidaire, la Table de quartier, la préservation d’une forêt urbaine à Charlesbourg et Développement et Paix.
Par nos engagements, nous essayons de faire des ponts entre le milieu communautaire, la politique et l’Église.
Il y a longtemps que nous portons l’idée d’appartenir à un « petit groupe missionnaire au Québec ». En fait, c’est depuis notre retour du Brésil qui a été vécu non comme un « retour de mission » mais une autre phase de la mission.
Nous nous sommes réassociés avec la Société des Missions-Étrangères en 2021 et formons équipe avec Pedro Perna, Bernard Duquette et Juan Ramon Moncada.
Conscients d’avoir beaucoup reçu, nous voulons donner. Comme l’Esprit Saint nous précède toujours sur cette route de la solidarité et de la mission, cheminer avec d’autres dans la prière et la réflexion, dans le cadre d’un discernement communautaire, nous semble un incontournable pour y entendre ses appels.
Notre appel missionnaire prend une autre tournure avec le temps, mais reste toujours bien vivant. Notre passage par l’Église d’Amazonie nous a certainement aidé à le rendre plus durable. Après tout, ne sommes-nous pas tous et toutes appelés à la mission de par et depuis notre baptême ? C’est toujours le même souffle qui nous anime et nous avons bien hâte de voir où il va nous mener.
Martine Sanfaçon et Yves Bédard, missionnaires laïques
La Société des Missions-Étrangères de la province de Québec (SMÉ) est une Société missionnaire internationale formée de membres (prêtres et diacres) et d’associés (laïques hommes et femmes, prêtres diocésains). La SMÉ fut fondée en 1921 par les évêques de l’Église du Canada francophone pour contribuer à l’annonce de l’Évangile à toutes les nations et se solidariser avec d’autres Églises en partageant son patrimoine spirituel et humain. Elle est devenue internationale en 1997. Elle est présente aujourd’hui en Asie, en Afrique, en Amérique latine et au Canada.
Pour en apprendre plus : www.smelaval.org
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